Zoom sur...

Le confinement, héros de la culture populaire ?

Depuis 7 semaines, les Français sont confinés. Une situation inédite qui a gagné le monde petit à petit. Rarement expérimenté pour la plupart des gens, le concept de confinement est pourtant très présent dans l’inconscient collectif. Enlèvement, séquestration, enquête, introspection, procès, isolement, expérimentation… Finalement, la culture populaire s’en inspire depuis toujours.

Mais d’abord, ça veut dire quoi “confiner” ?

Confiner (v.) : forcer à rester dans un espace limité.

En pleine épidémie de coronavirus, la consigne est simple : restez chez vous. Facile ? Pas tant que ça. Depuis le début du confinement en France, nombreux sont celles et ceux qui transgressent les règles. Il semblerait qu’imposer à quelqu’un de rester enfermé chez lui soit bien plus difficile qu’il n’y paraît. Pourtant, le confinement, quelle que soit sa forme, est un thème familier, souvent exploité dans la culture populaire. Scénarios à huis clos, émissions de téléréalité, escape games… Si l’on y regarde de plus près, la notion d’enfermement fait partie de notre quotidien depuis bien longtemps.

Cas d’étude sociologique ou pur divertissement ?

Le confinement semble fasciner et possède souvent un caractère d’expérience sociale. En effet, c’est ce qu’il se passe dans nombre de téléréalités depuis le début des années 2000. Loft Story, Nice People, Les Colocataires ou encore Secret Story fonctionnent toutes sur le même principe : enfermer une dizaine de personnes dans une seule et même maison pour une durée donnée afin de les observer. À chaque fois, l’éloignement des proches s’avère vite difficile et toutes les émotions sont décuplées. Difficile de vivre H24 avec les mêmes personnes, qu’elles fassent partie de notre famille ou non.

Le huis clos est aussi au centre de plusieurs oeuvres, cinématographiques et littéraires. Presque comme un personnage à part entière, il instaure toujours un climat de tension pour le spectateur.

Confinement Culture Populaire

8 femmes, François Ozon (2002)
Une maison. Un meurtre. 8 suspects.

Room, Lenny Abrahamson (2015)
Un enlèvement. Une séquestration. La recherche d’un échappatoire.

À couteaux tirés, Rian Johnson (2019)
Un manoir. Un assassinat. Une enquête digne d’un Cluedo taille réelle.

Les huit salopards, Quentin Tarantino (2016)
Une cabane. Un chasseur de prime. Des hors la loi prêts à tout pour l’argent.

Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo (1829)
Une prison. Un homme condamné à mort. La confrontation avec ses pensées.

Huis clos, Jean-Paul Sartre (1944)
Trois inconnus. L’enfer. Le jugement des autres.

Source de pur divertissement ou d’étude pseudo-sociologique, le confinement semble toujours avoir une connotation négative. Que ce soit pour celui qui l’expérimente ou pour celui qui l’observe, il est souvent source d’angoisse. L’isolation mais surtout la privation de la liberté en font une épreuve redoutée et pénible à vivre. C’est probablement pourquoi, catharsis oblige, il est si apprécié de la culture populaire.

***

Le confinement est aussi source d’inspiration et pousse les industries à se montrer créatives pour s’adapter.